La
dynamique de l'épidémie
Au début de l'épidémie n'étaient comptabilisé
que les cas de sida car il n'y avait pas de système de déclaration
de la séropositivité. Nombre de cas de sida cumulés au
30 juin 2006 : 60 706 cas. Différentes méthodes de calcul ont
été utilisées pour avoir une approximation la plus fiable
possible du nombre de personnes séropositives. On estime leur nombre
à 100 000 avec une
marge de confiance de 61 000 à 177 000.
En 2003, le système de déclaration obligatoire de l'infection
par le VIH est devenu opérationnel en 2003. On peut désormais
établir et suivre les nouvelles contaminations chaque année, ainsi
que les principaux modes de transmission qui ont été déclarés
par les personnes nouvellement contaminées. On espère ainsi avoir
une plus juste vision de l'évolution de l'épidémie. De
cette surveillance doit se dessiner l'identification des groupes aujourd'hui
les plus exposés, sur lesquels devrait porter en priorité l'effort
de prévention.
Nombre
de découvertes de nouvelles séropositivités
L'estimation du nombre de découvertes de séropositivité,
de 6 000 pour l'année 2003 et de 7 000 pour l'année 2004 se situent
dans des intervalles de plausibilité qui sont proches, respectivement
[3 900-10 900personnes en 2003] et [4 300-11 700 personnes en 2004].
S'appuyant sur un plus grand recul depuis la mise en place de la surveillance,
l'estimation pour 2004 est probablement plus fiable que celle produite pour
2003. On peut s'attendre à ce que les estimations pour les prochaines
années soient plus robustes.
Un quart a été contaminé dans les 6 mois précédant
leur diagnostic. Deux sous-groupes restent particulièrement touchés,
les homosexuels masculins et les personnes d'Afrique subsaharienne, alors que
la réduction de la transmission chez les usagers de drogues semble se
poursuivre. L'épidémie
continue également à se développer dans les départements
français d'Amérique (DFA)
Maladies à déclaration obligatoire : l'infection à VIH et le Sida
La
diffusion des sous-types viraux
Le virus du VIH est constitué d'une grande variété de virus
de sous-types différents qui sont eux-mêmes répartis de
façon très différentes à la surface du globe. On
compte ainsi deux types de virus VIH, le VIH1 et le VIH2. Parmi les virus VIH-1
du groupe M, le sous-type B a toujours prédominé en France, alors
que sur le continent africain, il existe une grande diversité des souches
: les sous-types non-B (A, C ou D par exemple) y sont largement majoritaires.
Grâce à la surveillance virologique mise en place par l'InVS et
le CNR du VIH, de façon parallèle à la notification obligatoire
du VIH, on constate des modifications dans la distribution de ces sous-types.
Le sous-type B reste majoritaire en France (52%). Cependant, la proportion
de sous-types non B est désormais de 22% chez les personnes françaises
ayant découvert leur séropositivité en 2004. Inversement,
la proportion d'infections à sous-type B est de 18% chez les personnes
d'Afrique subsaharienne. Ces données suggèrent l'intrication de
la transmission du VIH au sein des populations françaises et africaines,
et le fait que des contaminations ont lieu chez des personnes d'Afrique subsaharienne
vivant en France. Cette surveillance des souches circulantes est importante
pour suivre la diffusion virale et adapter si besoin les tests de dépistage
et de suivi des séropositifs.
La
prévention
Après vingt ans d'épidémie, et avec l'arrivée depuis
1996 de médicaments qui ont radicalement changé le devenir des
personnes malades (les multithérapies) mais aussi la perception
de la maladie et de sa gravité, on peut craindre une reprise des comportements
à risque et des contaminations. Certaines données sur la réapparition
ou la montée de l'incidence des infections sexuellement transmissibles
(IST) telles que les gonococcies ou, chez les homosexuels masculins,
la syphilis, semblent témoigner de cette évolution. Dans ce contexte,
au-delà du contrôle de la connaissance du public sur le VIH et
des moyens de contaminations, il importe surtout de suivre l'évolution
des attitudes et des comportements face aux risques liés au VIH en population
générale, dans les groupes les plus exposés ainsi que chez
les personnes vivant avec le VIH. Les grandes enquêtes doivent permettre
de comprendre les déterminants psychologiques, sociaux et culturels de
ces changements, afin d'adapter les campagnes de prévention et de dépistage,
ainsi que le travail de proximité fait par les professionnels de santé
et les associations qui ont particulièrement été présentes
dans la lutte contre cette épidémie.
Les
infections sexuellement transmissibles (IST)
Alors que la syphilis, majoritairement observée chez les homosexuels
masculins est en baisse pour la première fois en 2004, particulièrement
en Ile-de-France, les premiers cas de lymphogranulomatose vénérienne
(LGV) rectale ont été dépistés dans cette
population cette même année. L'épidémie liée
au LGV reste cependant limitée, puisqu'elle affecte essentiellement des
homosexuels domiciliés en Ile-de France et que le nombre total de cas
est de 208 au 31 août 2005. Le nombre de cas parait stable entre 2004
et 2005 (environ 80 cas sur les 8 premiers mois de chaque année).
Les infections sexuellement transmissibles en augmentation en 2004 sont les
infections à gonocoque (+17%) et les infections à chlamydiae.
Les gonococcies affectent plus particulièrement les hommes de 29 à
34 ans, alors que les infections à chlamydiae sont le plus souvent diagnostiquées
chez des femmes jeunes (20-24 ans). Ces données mettent en évidence
une persistance de la transmission des IST chez les homosexuels, mais également
une recrudescence dans la population hétérosexuelle, ce qui nécessite
des campagnes de prévention dans la population générale.
L'évolution
de l'activité de dépistage
L'activité de dépistage du VIH se maintient à un niveau
élevé en France (4,9 millions de tests en 2004) et augmente régulièrement
depuis 2001 (+4% par an). Ces chiffres sont sans doute le reflet des
campagnes d'incitation au dépistage menées de façon plus
soutenue depuis plusieurs années. En Ile de France et dans les DOM, deux
des régions les touchées par l'épidémie, l'activité
de dépistage est particulièrement importante et la proportion
de sérologies confirmées positives également.
Répertoire des consultations de Dépistage Anonyme et Gratuit (C.D.A.G)
ENQUETES
SUR LE DEPISTAGE ET TEXTES SUR LE DEPISTAGE
La
prise en charge
Les thérapeutiques antirétrovirales ont sensiblement amélioré
la qualité et la durée de vie des personnes qui en bénéficient.
D'une pathologie à pronostic presque toujours mortel, le sida est devenu,
pour de nombreux patients, " une maladie chronique ". Mais
ces traitements sont contraignants ; ils ont des effets secondaires lourds.
Or, le respect à long terme des prescriptions est une condition de leur
efficacité. Les questions pour la recherche en SP-SHS, ont trait à
l'identification des facteurs qui influencent les comportements de suivi à
long terme des traitements : facteurs liés au patient lui-même,
à sa relation à la maladie, à l'organisation du système
de soins, à l'interaction médecin/malade. La recherche vise également
à évaluer les stratégies les plus adaptées pour
améliorer l'observance.
D'autre part, alors qu'une prise en charge précoce constitue un bénéfice
pour le patient en terme de santé et de durée de vie, une proportion
significative de patients accède tardivement à la connaissance
de son statut sérologique et, parmi ceux qui connaissent leur statut
sérologique, un quart n'est pas suivi médicalement. La recherche
doit étudier les raisons de ces situations de dépistage et de
prise en charge tardifs. Elle doit également analyser les décalages
qui existent entre les dispositifs existant de prise en charge et de soutien
aux personnes et leurs besoins effectifs.
Prise en charge thérapeutique
des personnes infectées par le VIH
Recommandations du groupe dexperts Sous la direction du Professeur
Jean-François Delfraissy - Rapport 2004
Site du DHOS (Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins)
Site du Corevih (Coordination régionale de lutte contre linfection à VIH)
VIH
/ SIDA
Retard accès aux soins et diagnostics
Les
homosexuels masculins
Traditionnellement la communauté gay a été très
mobilisée pour la prévention, très touchée historiquement,
elle avait réussi à développer des pratiques et des modèles
pour limiter la propagation de l'épidémie en son sein, craignant
de disparaître. Aujourd'hui, la prévention chez les homosexuels
masculins est en crise.
En effet, les homosexuels
masculins représentent 24% des découvertes de séropositivité
en 2004, pourcentage qui a augmenté entre le 1er semestre 2003 (19%)
et le second semestre 2004 (27%). Cette augmentation est particulièrement
importante à Paris, mais elle est aussi observée dans l'ensemble
des autres départements.
Près de la moitié des découvertes de séropositivité
chez les homosexuels concerne des hommes ayant été contaminés
dans les 6 derniers mois. Ce qui tend à indiquer un recours régulier
au test mais à également à des pratiques non protégées.
Les enquêtes comportementales viennent corroborer le constat d'une transmission
active chez les homosexuels masculins. Depuis 20 ans, elles permettent de suivre
l'évolution des comportements. Elles avaient déjà mis en
évidence une augmentation de la fréquence des rapports non protégés
entre 1997 et 2000.
|
L'enquête ANRS-Presse Gay menée en 2004 par l'InVS confirme cette tendance. La proportion
de répondants déclarant au moins une pénétration
anale non protégée dans les douze derniers mois avec des
partenaires occasionnels, passe ainsi de 19% en 1997 à 26% en 2000
et à 33% en 2004, soit une augmentation de 70% en sept ans. Et
non seulement les personnes prenant des risques sont plus nombreuses,
mais les prises de risque sont elles-mêmes plus fréquentes
: le taux de rapports non protégés réguliers a ainsi
doublé entre 1997 et 2004. Et c'est parmi les personnes séropositives
que la prise de risque est la plus fréquente (56% contre 28%
pour les homosexuels séronégatifs). |
Les populations étrangères
Longtemps invisible dans
les statistiques pour ne pas alimenter les polémiques liant sida et immigration
les populations migrantes ont fait l'objet de rapports épidémiologiques
tardifs. Le premier rapport qui fait le point sur cette question date de 19998.
(Le rapport sur le sida chez les hétérosexuels parlé
d'eux en filigrane).
Autre population
vulnérable, les populations étrangères et en particulier
les personnes originaires d'Afrique subsaharienne, chez lesquelles le nombre
de cas de sida a augmenté entre 1998 et 2004 de 44%, alors que dans le
même temps, le nombre de cas diminuait de 52% chez les Français.
En 2004, une découverte de séropositivité sur 3 (32%)
concerne une personne d'Afrique subsaharienne, et en Ile-de-France, c'est
même une découverte sur deux. Ces pourcentages sont stables entre
2003 et 2004.
Il s'agit cette fois d'une contamination majoritairement hétérosexuelle,
dont les premières victimes sont les femmes, puisqu'elles représentent
les deux tiers des découvertes de séropositivité chez les
personnes d'Afrique subsaharienne en 2004. Elles sont dépistées
positives à l'occasion d'une grossesse dans 21% des cas. Les hommes sont
moins représentés, en raison sans doute d'un accès au dépistage
plus tardif.
En Guadeloupe et en Guyane, les personnes étrangères sont encore
particulièrement touchées, puisque les populations haïtiennes
représentent environ 40% des découvertes de séropositivité
en 2004. En Guyane, ce sont aussi les personnes venues du Guyana et du Suriname.
Les
usagers de drogues
La poursuite de la diminution du nombre de cas de sida diagnostiqués
chaque année chez des usagers de drogues et leur faible pourcentage parmi
les découvertes de séropositivité en 2003 ou 2004 (2%)
tendent à confirmer la réduction de la transmission du VIH dans
cette population. Ces données sont corroborées par l'enquête
ANRS-coquelicot menée fin 2004 par l'InVS, en collaboration avec l'INED
et le CNR du VIH à Tours, dans 5 grandes villes de France.
Néanmoins,
d'autres données de l'enquête ANRS-coquelicot incitent à
faire preuve de prudence. Tout d'abord, les pratiques d'injection restent à
un niveau élevé, et le partage de la seringue, du petit matériel
(eau, cuillère, coton) ou de la pipe à crack persistent,
ces deux constats étant plus marqués chez les plus jeunes (moins
de 30 ans). Les plus jeunes devraient donc être l'objet d'une attention
particulière, afin d'éviter une éventuelle recrudescence
du VIH dans la population des usagers de drogues. Ensuite, les chiffres restent
préoccupants pour le VHC, Virus plus facilement transmissible et bon
indicateur du maintien de pratique à risque de diffusion d'infection.
La prévalence globale du VHC est de l'ordre de 50%, et un tiers des usagers
de drogues méconnaissent leur séropositivité VHC. Enfin,
la grande majorité des usagers de drogues séropositifs pour le
VIH sont co-infectés par le VHC. Si la politique de réduction
des risques a eu un impact important pour le VIH, elle a encore aujourd'hui
une portée plus limitée pour le VHC.
Plan de l'organisation de la lutte contre le sida et l'infection à VIH
L'organisation de la lutte contre l'infection par le Vih est partagée entre différentes organisations. Elle a fait l'objet d'un plan élaboré par le ministère de la santé à la DGS. L'ANRS (Agence Nationale de Recherches sur le sida) a la charge de la définition des stratégies de recherches et de la mise ne place de celles -ci.L'Institut de veille sanitaire (InVS), établissement public de l'Etat, placé sous la tutelle du ministère des Solidarités, de la Santé et de la Famille, a pour mission de surveiller l'état de santé de l'ensemble de la population, et d'alerter les pouvoirs publics en cas de menace pour la santé publique.
Liens internet
Liens
utiles
Sites principaux
ANRS - Site de l'ANRS
(Agence Nationale de Recherches sur le sida)
http://www.anrs.fr/
Conseil National
du Sida - Site du CNS (Conseil National du Sida), France
http://www.cns.sante.fr/
Le site interassociatif
français de lutte contre le sida - Site administré par le
Crips Ile-de-France
http://www.vih.org
Site du Ministère
de la Santé
http://www.sante.gouv.fr/
TRT-5 - Site du TRT-5
(Groupe Interassociatif Traitements et Recherche Thérapeutique)
http://trt-5.org
Sites francophones
Crips (Centres
Régionaux d'Information et de Prévention du Sida) -
Site du réseau des Crips
http://www.lecrips.net
Aidsnet - Site
produit par l'association Sida Info Doc Suisse
http://www.aidsnet.ch
Centre Canadien d'information
sur le VIH/sida - Site du Centre Canadien d'information sur le VIH/sida,
programme de l'Association canadienne de santé publique, Ottawa
http://www.aidssida.cpha.ca/
Criss (Centre
de ressources et d'interventions en santé et sexualité)
- Site du Criss (Centre de ressources et d'interventions en santé
et sexualité), Montréal
http://www.criss.org/
Office Fédéral
de la Santé Publique - Partie du site de l'OFSP (Office Fédéral
de la Santé Publique) consacrée au VIH/sida
http://www.bag.admin.ch/hiv_aids/01033/index.html?lang=fr
Plusnews Service
d'information sur le VIH/sida en Afrique - Site d'information dépendant
de l'IRIN (Réseau d'information régional intégré),
qui fait lui-même partie de l'OCHA (Office de coordination des
affaires humanitaires des Nations Unies).
http://www.plusnews.org/fr/
RCAS/CAAN (Réseau
Canadien Autochtone du Sida) - Site du RCAS/CAAN (Réseau
Canadien Autochtone du Sida), Ottawa
http://www.caan.ca/
Réseau juridique
Canadien VIH/sida / Canadian HIV/Aids Legal Network - Site du réseau
juridique Canadien VIH/sida, Montréal
http://www.aidslaw.ca/
Service d'échange
d'informations: impact du VIH/Sida sur l'éducation - Site édité
par l'IIPE/IIPE (Institut international de planification de l'éducation)
Unesco (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la
science et la culture), Paris
http://hivaidsclearinghouse.unesco.org/ev_fr.php
Unesco : VIH/sida
- Le site d'information de l'Unesco (Organisation des Nations Unies pour
l'Education, la Science et la Culture) sur la prévention du VIH/sida
http://portal.unesco.org/aids
Autres sites et associations
EuroHiv, programme
Européen pour la Surveillance Epidémiologique du Sida
- Site édité par le Ceses (Centre Européen pour
la Surveillance Epidémiologique du Sida)
http://www.eurohiv.org
Geres - Site du Geres
(Groupe d'Etude sur le Risque d'Exposition des Soignants aux agents infectieux)
http://www.geres.org
HIV-sida.com
- Site publié par L'Encyclopédie Médicale, Paris
http://www.hiv-sida.com/
Infoset Direct - Plate-forme d'information sur les toxicodépendances
Protège toi
- Site édité par l'Inpes (Institut National de Prévention
et d'Education pour la santé), France
http://www.protegetoi.org/
Sida Info Service
- Site de l'association Sida Info Service
http://www.sida-info-service.org/
Sidaction - Site
de l'association Ensemble contre le Sida
http://www.sidaction.org/