Flash-Email-SFSP N°34-2007 du 14 septembre 2007
Société française de santé publique
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NOUVEAUTES DE LA SEMAINE

Colloque de la SFSP "Médecins généralistes et prévention"
21 septembre 2007
Direction générale de la santé - Amphithéâtre Laroque - Paris


Décision en santé publique : obligation, négociation, participation ?
22, 23 & 24 novembre 2007
Palais des congrès, Montpellier


Radiothérapie

Extension de la période d'investigation dans le cadre du suivi des patients sur-irradiés à Epinal
Les deux missions IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) - ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) et IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) confiées en mars 2007 par le ministère de la santé, ont mis en évidence une erreur systématique de paramétrage du logiciel utilisé pour faire fonctionner les appareils de radiothérapie entre 1989 et 2000.
300 patients traités pour divers types de cancers entre juillet 1999 et juillet 2000 sont concernés. La surexposition maximale identifiée sur cette période est de 7%, inférieure aux taux maximums enregistrés pour les patients identifiés depuis juillet 2000. Les autres patients traités sur la période remontant à 1989 ont reçu des niveaux de sur-irradiation inférieurs à 5,5%.
Le dispositif actuel de suivi des patients sur-irradiés connus sera donc prolongé. Des renforts supplémentaires seront affectés à cet effet. Un numéro vert, le 0800 636 636 est mis en place.

Politiques de santé

Rapport Igas sur l'Unité expérimentale de chirurgie de l'hôpital Saint-Affrique
Le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) remis à Madame la ministre de la Santé "met en évidence des problèmes de sécurité dans la prise en charge des patients opérés en chirurgie lourde". Madame Roselyne Bachelot a donc demandé, vendredi, "l'interruption de l'activité de chirurgie lourde" de l'hôpital de Saint-Affrique (Aveyron). La chirurgie est recentrée sur une "prise en charge programmée, ambulatoire ou de courte durée" et permet le maintien de la maternité. Cette décision s'inscrit comme l'un des épisodes d'une histoire à rebondissements (voir Flash N° 23 ) après menace de fermeture, soutien et pression des élus locaux et mobilisation de la population.
Elle est presque exemplaire des arbitrages qu'impose la double contrainte du maintien de la proximité et du respect des nouvelles exigences de qualité et de sécurité pour le maintien d'une activité, quand l'isolement des praticiens et le faible nombre d'actes réalisés ne permettent pas la garantie du respect de bonnes pratiques.

Maladies infectieuses

Rage
En France, environ 8 500 personnes ont consulté en 2006 pour suspicion de rage. L'Institut Pasteur, qui héberge le Centre national de Référence de la Rage, a doublé le nombre de traitements post-exposition chez les personnes mordues en 20 ans. Si la rage humaine a disparu de France, chaque année dans le monde, environ 55 000 personnes meurent encore de la rage, principalement sur le continent africain et en Asie.
Dix millions de personnes reçoivent chaque année des injections de vaccin anti-rabique en Asie et en Afrique après avoir été mordues par un chien susceptible d'être enragé. L'association Alliance for Rabies Control (ARC) et des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d'Atlanta souhaitent sensibiliser le grand public sur " les effets de cette maladie chez l'homme et l'animal ". Alors que vient d'être déclarée l'éradication de la rage sur le territoire américain, ils voudraient lancer une campagne pour " travailler ensemble pour que la rage soit de l'histoire ancienne ", soit l'éradication de ce virus de la surface de la terre.

Fièvre d'Ebola
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a annoncé mardi 11 septembre la présence de la fièvre hémorragique Ebola au Sud-Est de la république démocratique du Congo. Cinq cas ont été confirmés dans la région du Kasaî occidental. Ebola a déjà touché à deux reprises le pays, en 1976 où la maladie avait causé 200 décès et en 1995 où 250 personnes étaient mortes.
Au cours des 4 derniers mois et dans cette même région du Kasaï occidental, 166 personnes sont décédées des suites d'une maladie non-identifiée. Selon l'OMS, il pourrait s'agir de la maladie Shigella, une maladie infectieuse moins dangereuse qu'Ebola. Le taux de décès chez les personnes contractant le virus d'Ebola est en effet très important, de l'ordre de 60 à 90%, aucun traitement n'existant contre cette infection.
L'OMS a affirmé la priorité d'identifier les personnes touchées par Ebola afin de les isoler et de retrouver les personnes avec lesquelles elles ont été en contact. Les infections au virus d'Ebola sont souvent liées à la consommation de viande de brousse, mais on ignore encore actuellement quel est le réservoir naturel du virus.

Santé mentale / suicide

Journée mondiale de prévention du suicide
Cette année, l'OMS a choisi de mettre en avant, à l'occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, la problématique de la prévention aux différents âges de la vie. Dans le monde, le suicide est un phénomène de grande ampleur, qui, au cours des 50 dernières années, s'est accru de 60%. Chaque jour, environ 3 000 personnes se donnent la mort. Pour une personne suicidée, au moins une vingtaine fait une tentative de suicide.
Le suicide touche toutes les classes d'âges : il s'agit de la troisième cause de mortalité chez les 15-34 ans et le taux de personnes âgées mettant fin à leurs jours s'accroît. La communauté internationale prend de plus en plus conscience du fait que le suicide constitue un problème de santé publique majeur et l'agence de l'ONU a indiqué qu'il fallait " que le suicide ne soit plus considéré comme un tabou ou le résultat acceptable de crises personnelles ou sociales, mais un indicateur de santé relevant de risques psycho-sociaux, culturels et environnementaux qui peuvent faire l'objet de politiques de prévention. "
Dans ce contexte, le rôle de l'OMS est de susciter un engagement au plus haut niveau afin que des politiques nationales de prévention du suicide soient mises en place.

L'OMS demande plus de moyens et de services pour la santé mentale
La semaine passée, l'OMS lançait un appel pour plus d'investissement et de service en faveur de la santé mentale. Cet appel s'intégrait à la publication, dans la revue britannique The Lancet, d'une série de six articles portant sur la santé mentale dans le monde.
Dans son communiqué, l'OMS souligne que la moitié des personnes souffrant d'affections mentales graves ne sont pas traitées. Plus préoccupant encore, les traitements sont parfois associés à la stigmatisation du malade et à la violation des droits de l'homme.
Dans les pays à faibles revenus, le budget consacré à la santé mentale est inférieur à 1% du budget global pour la santé. L'appel de l'OMS est une exhortation à l'engagement des planificateurs de la santé publique, exhortation visant à stimuler le développement de la couverture des services de la santé mentale dans les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires.

Tabac

Enquête de l'INPES sur l'interdiction de fumer au 1er janvier 2008 : possible augmentation de la fréquentation des lieux de convivialité
D'après une enquête de l'INPES portant sur 1104 personnes âgées de 15 à 64 ans, 4 personnes sur 5 sont tout à fait ou plutôt favorables à l'interdiction totale de fumer dans les restaurants ; elles sont 3 sur 4 à l'être pour les bars, cafés et pub et 2 sur 3 à l'être pour les discothèques.
L'enquête montre que ces chiffres sont très élevés dans l'échantillon des fumeurs. Selon l'INPES, l'interdiction pourrait avoir des répercussions positives sur la fréquentation des établissements, les chiffres de l'enquête montrant par exemple que 3 personnes sur 4 iront aussi souvent dans les restaurants et une personne sur cinq ira plus souvent.
Pour les jeunes de 15 à 24 ans, 18% d'entre eux déclarent même qu'ils iront plus souvent en discothèque. L'interdiction de fumer dans les lieux de convivialité interviendra le 1er janvier 2008.

Santé et travail / maladies professionnelles

La moitié des artisans retraités exposés à l'amiante dans leur vie professionnelle
Les premiers résultats du programme ESPRI (Epidémiologie et surveillance des professions indépendantes), coordonné par l'InVS en partenariat avec le Régime social des Indépendants (RSI), montrent que la moitié des artisans retraités ont été exposés à l'amiante. Dans le cadre de la phase pilote de ce programme, 2334 artisans des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, retraités depuis 2004, ont été contactés afin d'évaluer la probabilité d'une exposition à l'amiante lors de leurs parcours professionnels, et de proposer un bilan médical aux personnes dont l'exposition a été dépistée.
Parmi les artisans ayant renvoyé le questionnaire (67% de participation), plus de 1000 personnes se sont vues proposer un bilan médical ; pour ¼ d'entre elles, des anomalies ou pathologies pouvant être liées à l'amiante ont été détectées. L'InVS recommande la généralisation du programme ESPRI à l'ensemble des nouveaux retraités du RSI.

Conférence nationale sur les conditions de travail : communiqué commun Fnath et Andeva
Dans le cadre de la conférence nationale sur les conditions de travail prévue le 4 octobre prochain, la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath) et l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva) ont décliné " l'invitation des pouvoirs publics à être auditionnées par un groupe de travail préparatoire ". Bien que se réjouissant de la tenue de cette conférence nationale, les deux associations regrettent de ne pas pouvoir y participer activement, au même titre que les partenaires sociaux. Dans un communiqué de presse commun, elles marquent leur mécontentement face au " rôle accessoire qui leur est réservé en contradiction avec les déclarations du président de la République souhaitant une modernisation de la démocratie sociale ". Une manifestation commune est organisée le 13 octobre prochain afin de " réclamer une indemnisation intégrale des victimes du travail et des maladies professionnelles et une politique de prévention à la hauteur des enjeux de santé publique ".

Cancer

Les causes du cancer en France - Nouvelles données scientifiques
Un rapport sur le cancer, résultat de deux années de travaux réalisés par l'Académie de médecine, l'Académie des sciences, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), en association avec la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer, l'Institut de veille sanitaire et l'Institut national du cancer, montre que les cancers sont de plus en plus nombreux mais de moins en moins mortels. La mortalité globale par cancer a en effet diminué d'environ 13% entre 1960 et 2002. Le tabac et l'alcool sont les grands responsables de ces décès, étant à eux deux à l'origine de 45% des décès chez l'homme et de 13% chez la femme.
Le rapport note que l'augmentation régulière du nombre de cancers depuis les années 1980 peut être dû au perfectionnement des techniques de dépistage, notamment pour les cancers de la prostate, du sein et de la thyroïde, décelés plus tôt et mieux soignés.

VIH / sida

Aides : Campagne contre les discriminations
L'association AIDES profite de l'actualité de la Coupe du Monde de rugby pour faire campagne contre les discriminations des personnes vivant avec le VIH/sida. Elle reçoit le renfort des trois joueurs de l'équipe de France - Frédéric Michalak, Yannick Nyanga et Thierry Dusautoir - qui soutiennent la campagne dont l'objectif est de faire reculer les préjugés sur la maladie.
Elle se décline sous la forme d'un spot télévisé de 30 secondes et d'un affichage dans les villes qui accueillent la coupe du monde soit Bordeaux, Marseille, Montpellier, Nîmes, Paris et Toulouse. Elle est également visible sur le site wwww.aides.org/partage.

Economie de santé

11e rapport annuel de la Cour des comptes : Déficit de la Sécu à 8,7 milliards d'euros en 2006
Le déficit du régime général de la Sécurité