Flash-Email-SFSP N°24-2007 du 15 juin 2007
Société française de santé publique
Site internet : http://www.sfsp.info

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NOUVEAUTES DE LA SEMAINE

Décision en santé publique : obligation, négociation, participation ?
22, 23 & 24 novembre 2007
Palais des congrès, Montpellier



Assemblée générale de la Société Française de Santé Publique

Temps fort de la vie associative, l'Assemblée générale de la Société française de santé publique (SFSP) s'est réunie le 8 juin 2007 à Paris et a procédé au renouvellement de la moitié de son Conseil d'administration. Deux cent vingt-sept personnes ont voté. Vingt-six candidats se présentaient.

Ont été élues au conseil d'administration :

  • Personnes physiques
    • François Bourdillon : 200 voix
    • Yves Charpak : 179 voix
    • Didier Tabuteau : 153 voix
    • Jean-Pierre Deschamps : 152 voix
    • Renée Pomarède : 145 voix
    • Philippe Michel : 123 voix
    • Rémi Gagnayre : 113 voix
    • Bernard Topuz : 102 voix
    • Ayden Tajhamady : 99 voix, suite au souhait de Jean-Pierre Deschamps de laisser sa place d'administrateur à Ayden Tajhamady interne de santé publique. Jean-Pierre Deschamps siègera en tant que membre d'honneur au conseil d'administration. Une motion de l'Assemblée générale a validé l'élection d'Ayden Tajhamady et remercié Jean-Pierre Deschamps, doyen du Conseil d'administration de ce geste envers la jeune génération…

  • Personnes morales
    • Collège universitaire des enseignants de santé publique (CUESP) : 172 voix
    • Fédération nationale des observatoires régionaux de santé : 196 voix
    • Fédération nationale de l'éducation pour la santé : 178 voix
    • Association des Médecins Inspecteurs de Santé Publique (AMISP) : 174 voix
    • Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) : 158 voix
    • Association pour la prévention de la pollution atmosphérique : 158 voix
    • Société régionale de santé publique Sud-Est : 125 voix

Au cours de cette assemblée générale, un débat sur la décision en santé publique autour de la question de la levée de l'obligation vaccinale a eu lieu.

Jean-Louis San Marco et François Bourdillon ont exposé les difficultés de la décision dans ce domaine, ont précisé la place d'une audition publique comme une aide à la décision et ont présenté les recommandations de la Commission d'audition.

Ce débat passionnant sera repris lors du colloque de Montpellier " Décision en santé publique : obligation, négociation, participation ? " des 22, 23 & 24 novembre 2007.

François Bourdillon
Président de la Société Française de Santé publique

Environnement

Pollution à Paris
La pollution de l'air en Île-de-France est évaluée en continu par Airparif, Association agréée par l'Etat français pour informer le public sur la pollution de l'air. Cette association, en février dernier, avait rendu publique une étude mettant en avant la diminution des émissions d'oxyde d'azote et de gaz à effet de serre de 2000 à 2007.
Mardi 12 juin, Airparif a équipé 150 personnes - conducteurs automobiles mais aussi usagers de la RATP et cyclistes - de colliers captant les taux de trois types de polluants différents : le dioxyde d'azote, le benzène et le formaldéhyde. L'intérêt du dispositif est de mesurer l'exposition réelle des individus à ces polluants.
Très récemment, l'association Ecologie Sans Frontière (ESF) a publié les résultats d'une étude qu'elle avait commanditée à un bureau d'études critique et indépendant à propos de la pollution atmosphérique dans l'agglomération parisienne. Selon Franck Laval, Président d'ESF " L'air ambiant de l'agglomération parisienne est pollué par une mixture de substances qui ne font pas toutes l'objet d'une réglementation. Certains polluants sont insuffisamment voire pas du tout surveillés. "
L'étude commanditée par l'ESF tend à montrer que l'inventaire des polluants utilisé par Airparif est obsolète, qu'il ignore la formation de polluants secondaires par la combinaison de substances émises dans l'atmosphère et qu'il ne permet pas de rendre compte de la grande hétérogénéité des taux de polluants en fonction des lieux. L'étude menée pour ESF indique également qu'une multiplication sensible des pics de pollution est à craindre.
Sur fond de polémique, ces récentes études montrent que la mesure de la pollution atmosphérique pose d'importantes problématiques concernant la méthodologie en particulier métrologique, le choix des polluants recherchés, la qualité, l'objectivité et la représentativité des informations. La sensibilisation de la société aux questions d'environnement et de santé et l'évolution des connaissances scientifiques rendent incontournables l'emploi d'indicateurs de plus en plus fins et complexes.

Facteurs environnementaux sur la santé
Le récent communiqué de presse de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) présente les résultats de l'analyse par pays des effets des facteurs environnementaux sur la santé. Les données publiées précisent que, chaque année, 13 millions de décès pourraient être évitée en améliorant la salubrité de l'environnement. Les pays les plus pauvres sont ceux qui s'avèrent être les plus vulnérables aux facteurs environnementaux qui ont des effets délétères sur la santé. L'insalubrité de l'eau, le manque d'assainissement et la pollution de l'air intérieur (voir flash n° 18) constituent les principaux facteurs de risques d'origine environnementale. Même dans les pays où l'environnement est le plus sain, près d'un sixième des maladies pourraient être évitées (maladies cardiovasculaires, accidents de la circulation). Par la diffusion de ces résultats, l'OMS entend aider les décideurs nationaux et internationaux à fixer des priorités en matière de prévention et à élaborer des interventions appropriées.

Radiothérapie

Suspension, par mesure de précaution, d'un type d'appareil de radiothérapie
Le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, suite à un signalement par la société Brainlab, a été informé d'un dysfonctionnement d'un type d'appareil de radiothérapie stéréotaxique, destiné à traiter des tumeurs et malformations très localisées du cerveau. Le dysfonctionnement est une déviation d'environ 1 millimètre du faisceau de rayonnement.
Par mesure de précaution, il a été demandé dès dimanche soir aux équipes hospitalières de tout le territoire de suspendre toutes les séances prévues à partir de ce matériel Brainlab. Après vérifications effectuées au cours de la journée, seuls quatre sites s'avèrent concernés : le Centre Alexis Vautrin de Nancy, le CHU de Montpellier, le CHU Bretonneau de Tours et le CHU de la Pitié-Salpétrière à Paris. Une procédure individuelle d'information des patients est engagée.
L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) qui sont chargées de l'analyse et du suivi de ce dysfonctionnement.

Les physiciens médicaux se mobilisent
Après les récents accidents de radiothérapie, les physiciens médicaux se mobilisent et dénoncent les conditions de travail actuelles et leur statut. "Ce mouvement de grève exprime le ras-le-bol de la profession, qui manque d'effectifs, et n'est pas assez reconnue", explique Dominique Le Du, physicien médical à l'origine de la mobilisation, portée par le syndicat CGT-Santé. Et Thierry Sarrazin, président de la Société française de physique médicale de déplorer la comparaison avec les pays voisins que sont l'Allemagne avec 1.200 physiciens médicaux, et l'Angleterre 1.800, alors qu'ils ne sont que 350 dans les hôpitaux français pour assumer la responsabilité du calcul de la dose de rayons reçus par les 180.000 patients cancéreux. Les physiciens médicaux demandent leur intégration dans la fonction publique hospitalière, leur statut actuel est contractuel.

Sécurité sanitaire

Nouveau Règlement Sanitaire International
Le dernier BEH nous présente les recommandations sanitaires pour les voyageurs en 2007. Le nouveau Règlement Sanitaire International (RSI) adopté en 2005 par la 58e Assemblée mondiale de la Santé, entre en vigueur le 15 juin 2007. Ce texte doit permettre, au niveau mondial, une meilleure protection des populations contre toute flambée épidémique, qu'elle soit de maladies connues ou émergentes. Le nouveau RSI, à la différence de ses versions précédentes (1951, révisé en 1969), se fonde sur " une logique d'alerte sanitaire internationale (basée sur) la notion d'urgence de santé publique de portée internationale " précise l'éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Il se distingue donc de l'ancien RSI, devenu obsolète notamment face aux nouveaux périls combinés du SRAS et de la grippe aviaire. Le nouveau système d'alerte se veut donc très réactif. Chaque état a désigné un " point focal " qui doit être l'interlocuteur de l'OMS 24h/24. La Direction générale de la Santé (DGS) l'assure pour la France.

Maladies infectieuses

Vaccin méningite à méningocoque A
Selon les résultats préliminaires du Projet Vaccins Méningite, un essai de vaccin de phase 2, révèle que le nouveau vaccin contre Neisseria meningitidis (méningocoque) du sérogroupe A pourrait finalement réduire de manière considérable l'incidence des épidémies dans la "ceinture de la méningite" qui regroupe les 21 pays de l'Afrique sub-saharienne affectés.
Conçu pour bloquer la transmission du méningocoque A, ce vaccin devrait étendre la protection aux sujets non vaccinés, phénomène appelé "immunité collective". Ce projet est un partenariat entre l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'organisation à but non lucratif PATH, basée à Seattle, et un fabricant de vaccins, Serum Institute of India Limited (SIIL).
Le nouvel essai de vaccin conjugué, chez des enfants âgés de 12 à 23 mois au Mali et en Gambie, démontre que le vaccin est sûr et qu'il produit des taux d'anticorps presque 20 fois plus élevés que ceux obtenus à l'aide du vaccin polyosidique (non-conjugué) commercialisé. La protection apportée par ce vaccin devrait durer plusieurs années…

Malnutrition dans le monde

Une méthode originale pour combattre la malnutrition dans la communauté
Le communiqué de presse de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) du 7 juin présente une méthode originale pour combattre la malnutrition chez l'enfant.
Il s'agit de s'appuyer sur une prise en charge communautaire et sur l'usage d'aliments thérapeutiques hautement énergétiques prêts à l'emploi. Ces aliments s'avèrent efficaces pour lutter contre la malnutrition aiguë et sévère qui touche actuellement 20 millions d'enfants de moins de cinq ans dans le monde.
Sous forme pâteux ou friables, ils peuvent être consommés dès six mois et sans addition d'eau ce qui permet d'éviter les risques d'infections bactériennes. Leur conservation ne nécessite pas de conditionnement particulier. Leur usage constitue une alternative à l'hospitalisation dans un service de soins spécialisé, traditionnellement préconisée.
La prise en charge communautaire de la malnutrition repose sur l'intervention d'un agent local de santé, chargé d'administrer les médicaments et de distribuer les aliments thérapeutiques, médiateur intervenant auprès des parents pour leur apprendre à identifier les enfants malnutris.

Diabète

Diabète : une nouvelle étude de l'Assurance Maladie sur les évolutions entre 2000-2005
Les résultats de l'étude Ameli, menée par l'Assurance Maladie, indiquent un taux annuel de prévalence du diabète en augmentation de près de 6% entre 2000 et 2005. Ainsi, ces dix dernières années, le nombre de diabétiques a doublé en dix ans.
Compte tenu de la progression de l'obésité et du vieillissement de la population, les épidémiologistes estiment que la prévalence du diabète en France pourrait atteindre une prévalence de 4,5% à l'horizon 2016.
L'étude Ameli, qui a fait l'objet d'une publication dans la revue Pratiques et organisations des soins, décrit l'évolution de la prise en charge du diabète précisant les coûts liés aux traitements de cette maladie. Sur l'année 2005, le coût de ces traitements représente 1,8 milliard d'Euros de remboursement de l'assurance maladie, montant deux fois plus élevé qu'en 2000.
Compte tenu de l'ampleur du problème et en association avec les représentants des médecins libéraux, l'Assurance Maladie entend faire de la prévention des complications cardiovasculaires des diabétiques, l'une des missions prioritaires du médecin traitant.